LO SPIRITO CONTINUA - Alternantes FM

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Rediffusion la semaine suivante dans la nuit du mercredi à jeudi (en clair à 0h01 !) - [Au micro : Patsy / à la technique : Mathieu]

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Les nouveaux albums chroniqués

  • Disprezzo : « Nel moi mondo il sole non sorge mai » (Agipunk)
  • Guerilla : « A call to arms » (Twisted chords)
  • Kylesa : « To walk a middle course » (Prosthetic Rds)
    Napalm Death : «The Code is red » (Century Media)
    Provoked : « Prepare to the cold» (Profane existence)
    Requiem : « Storm Heaven unleash hell » (Crimethinc)
    The Spectacle : « Rope or guillotine » (Crimethinc)
    Time to burn : « Starting point » (Basement apes)

 

REQUIEM « Storm Heaven unleash hell »
Catharsis fut selon moi l’un des groupes majeurs de précédente décennie, et leur album « The passion », le genre de galette à emmener sur une île déserte entre un Dead Kennedys et un Minor Threat. Alors, évidemment, je me suis empressé d’aller assister à un concert de Requiem, à la fin du mois d’août. Car Requiem comprend dans ses rangs un ancien Catharsis. Nanti d’une batteuse-chanteuse hyper-agressive, Requiem n’est pas un Catharsis bis. Sa musique est moins métal, moins aventureuse et ambitieuse peut-être, mais elle ne manque ni de force, ni d’intérêt. Les paroles, très bien torchées, sont toujours aussi engagées politiquement et parlent des vies préfabriquées que l’on aimerait nous forcer à vivre. L’album sorti sur un excellent label de Caroline du Nord, Crimethinc, il est donc totalement introuvable dans le commerce, et c’est tant mieux, cela vous obligera à contacter les distributeurs alternatifs. Playlist : « Secession », « Deliverance », « Defeat ».

PROVOKED « Prepare for the cold»
En 2003, Profane Existence nous balançait une galette hargneuse, grandiose, brutale et inspirée à la fois. Son nom « Infant in the womb of warfare » ; les responsables : quatre teigneux et une teigneuse de Minneapolis. Deux ans plus tard, les Provoked remettent ça avec « Prepare for the cold », soit 10 titres de crust-core furibards et politisés, férocement anti-Bush et anti-guerre. Et le groupe a trouvé en Kerri une chanteuse tout aussi survoltée que l’était Scaba, sa prédécesseuse, qui a trouvé l’amour en Allemagne et a ouvert un café végétalien là-bas. Désolé, je n’ai pas l’adresse. Je mettrai par contre un bémol à mon enthousiasme. Je trouve le batteur beaucoup moins convainquant que sur l’album précédent. C’est con à dire mais comme le lascar derrière la console a mis la batterie très en avant, j’avoue que le résultat m’a laissé un peu sur ma faim sur certains morceaux. Playlist : « Beatin’ around the Bush », « Old world traits », « Mad heads collide »

THE SPECTACLE « Rope or guillotine »
L’album de la semaine n’est pas américain, même si le label s’appelle Crimethinc et a ses locaux à Atlanta en Géorgie, territoire où la population noire est fort nombreuse et le Ku Klux Klan toujours actif. Bref Crimethinc. N’est pas un label de musique comme les autres. C’est avant tout une structure militante, anarchiste, publiant livres et revues. Et quand elle sort des disques, on est sûr d’avoir à faire à des groupes pour qui le message est aussi important que la musique. Je ne citerai que trois : Catharsis, Zegota et Requiem. C’est d’ailleurs lors de la venue de ces derniers à Nantes fin août que j’ai découvert les Norvégiens de The spectacle, un sextet nanti de trois guitaristes. Musicalement, The spectacle fait penser à Catharsis : les morceaux sont longs, variés, les paroles sont politiques, assez introspectives et pessimistes mais très loin des gimmicks habituels. The Spectacle sont toutefois plus emo et moins metal que les grands Catharsis. L’album s’appelle « Rope or guillotine » et mérite vraiment une écoute attentive. Playlist : « Sleepwalking », « Mourning », « The cave ».

TIME TO BURN « Starting point »
L’album de la semaine est celui des Parisiens d’adoption de Time to Burn, issus des cendres d’un groupe clermontois appelé Waxx. Après un EP 6 titres sorti en 2003 et « Burn the lie down », un excellent mini-album déjà chroniqué sur ces ondes, les Time to burn ont remis le couvert avec « Starting point » grâce à Basement apes Industries, label auteur déjà des productions des impressionnants Superstatic revolution, qui leur offre là un son puissant et subtil à la fois : puissant parce que le son reproduit bien l’atmosphère aussi prenante que pesante des six titres composant l’album, mais subtil aussi parce que les rythmiques lourdes à souhait n’annihilent pas le sens mélodique du groupe que l’on retrouve dans le jeu des guitares, un peu à la façon d’un Orchid ou d’un Tragedy, même si Time to burn ne fait ni dans l’emo-violence, ni dans le screamin’ hardcore. J’avais trouvé très bon « Burn the lie down » ; « Starting point » est excellent.
Playlist : « Lost in poetic words », « Starting point », « Burn the lie down »

GUERILLA « A call to arms »
L’album de la semaine est allemand, s’appelle « A call to arms » et est sorti grâce aux bons soins de Twisted Chords qui affirme clairement qu’il propose plus que de la musique. Mais qu’attendre d’un label ayant sorti les excellents anarcho-rebelles-situ norvégiens de Rifu ? Bref, Twisted Chords viennent de taper fort en lâchant Guerilla sur le marché. Because Guerilla a tout pour réussir : d’abord, le son est puissant et leur batteur est frappadingue ; ensuite, le groupe pratique un hardcore-punk enlevé et survolté, doté d’un sens certain de la mélodie qui arrache, et qui emprunte parfois au street-punk pour les refrains qui pulsent et au New-York Hardcore ; enfin, Guerilla chante en anglais, ce qui est malheureusement le passeport pour franchir les frontières. Bref, Guerilla est à rapprocher de groupes comme leurs compères de Rasta Knask et les Ricains de Strike anywhere. Playlist : « Urban Guerilla Action Crew », « Choose your side », « Fight the power ».

KYLESA « To walk a middle course »
L’album de la semaine nous vient de Géorgie, pas la ville, mais l’Etat américain. C’est de la riante bourgade de Savannah que nous viennent Kylesa. A l’origine, il y avait Damad, groupe auteur d’un très bon album de post-hardcore lourd en 1998. Puis, à la mort du bassiste, Damad prit le nom de Kylesa. Nous étions en 2001. Du groupe initial, il ne reste que le duo de guitaristes-chanteurs Philip Cope et Laura Peasants, épaulé pour leur nouvel opus par une nouvelle section rythmique : Brandon Baltzley et Corey Barhorst. Le label californien Prosthetic Rds leur a permis d’éditer cette année leur deuxième album : « To walk a middle course », avec derrière les manettes l’incontournable Alex Newport, ex-Fudge Tunnel et Nailbomb. Kylesa poursuit le chemin là où Damad l’avait laissé : bref, c’est du lourd, du post-hardcore parfois crusty, mais plus souvent stoner avec des rythmiques plombés et lourdes. Playlist : « Train of thought », « Bottom line », « Welcome mat to an abandoned life »

NAPALM DEATH « The Code is red... »
L’album de la semaine est anglais et c’est une bombe. Il s’agit bien sûr du nouvel opus des légendaires Napalm Death. Depuis 18 ans, avec leurs compères de Extreme Noise terror, les Napalm death maltraitent les conduits auditifs des hardcoreux et metalleux qui se risquent à les écouter. Pendant longtemps, leur grindcore très métallique m’a laissé froid. Mais depuis l’an 2000 et leur album « Enemy of the music business », ils ont mis de l’huile sur le rouleau-compresseur. Bref, dans ce nouvel opus, les Naplam death accentue le côté thrash-hardcore, ça va très vite, les morceaux très bien construits ne dépassent parfois pas les deux minutes et la voix puissante et revendicative du chanteur ressemble à autre chose qu’à un aboiement atone. Ce nouvel opus « The code is red… long live the code » s’avère redoutable d’efficacité. Seul petit bémol : comment arrivent-ils à conjuguer le fait de s’en prendre au business musical en sortant leurs skeuds sur une major, en l’occurrence Century Media ? Là, j’avoue, je suis un brin circonspect. Playlist : « Diplomate immunity », « The great and the good », « Pay for the privilege of breathing », « Pledge yourself to you ».

DISPREZZO « Nel moi mondo il sole non sorge mai »
L’album de la semaine date de plusieurs mois, mais bon, j’ai eu du mal à mettre la main dessus, puis à m’en décoller l’oreille. Le groupe s’appelle Disprezzo et est basé à Firenze. Ce quatuor fait dans le crust-hardcore puissant et rentre-dedans à la sauce scandinave, scène qu’il révère tout particulièrement. Bref, Disprezzo ne fait pas dans la poésie : ça débourre, c’est carré, la voix est grasse, le propos, politique, ne respire pas l’optimisme. Bref, c’est de l’efficace et du sans fioriture ! Voilà de quoi réjouir les fans de Victims, Misery, Wolfbrigade, Ekkaia, Tragedy etc etc. Playlist : « London », « X », « Morire ogni giorno ».