LO SPIRITO CONTINUA - Alternantes FM
(98.1 Mgh sur Nantes, 91 Mgh sur Saint-Nazaire) - Pour l'écouter en direct sur le Net
Tous les jeudis en direct de 19h50 à 20h30
Rediffusion la semaine suivante dans la nuit du mercredi à jeudi (en clair à 0h01 !) - [Au micro : Patsy / à la technique : Mathieu]
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REQUIEM
« Storm Heaven unleash hell »
Catharsis fut selon moi l’un des groupes majeurs de précédente
décennie, et leur album « The passion », le genre de galette
à emmener sur une île déserte entre un Dead Kennedys et
un Minor Threat. Alors, évidemment, je me suis empressé d’aller
assister à un concert de Requiem, à la fin du mois d’août.
Car Requiem comprend dans ses rangs un ancien Catharsis. Nanti d’une batteuse-chanteuse
hyper-agressive, Requiem n’est pas un Catharsis bis. Sa musique est moins
métal, moins aventureuse et ambitieuse peut-être, mais elle ne
manque ni de force, ni d’intérêt. Les paroles, très
bien torchées, sont toujours aussi engagées politiquement et parlent
des vies préfabriquées que l’on aimerait nous forcer à
vivre. L’album sorti sur un excellent label de Caroline du Nord, Crimethinc,
il est donc totalement introuvable dans le commerce, et c’est tant mieux,
cela vous obligera à contacter les distributeurs alternatifs. Playlist
: « Secession », « Deliverance », « Defeat ».
PROVOKED
« Prepare for the cold»
En 2003, Profane Existence nous balançait une galette hargneuse, grandiose,
brutale et inspirée à la fois. Son nom « Infant in the womb
of warfare » ; les responsables : quatre teigneux et une teigneuse de
Minneapolis. Deux ans plus tard, les Provoked remettent ça avec «
Prepare for the cold », soit 10 titres de crust-core furibards et politisés,
férocement anti-Bush et anti-guerre. Et le groupe a trouvé en
Kerri une chanteuse tout aussi survoltée que l’était Scaba,
sa prédécesseuse, qui a trouvé l’amour en Allemagne
et a ouvert un café végétalien là-bas. Désolé,
je n’ai pas l’adresse. Je mettrai par contre un bémol à
mon enthousiasme. Je trouve le batteur beaucoup moins convainquant que sur l’album
précédent. C’est con à dire mais comme le lascar
derrière la console a mis la batterie très en avant, j’avoue
que le résultat m’a laissé un peu sur ma faim sur certains
morceaux. Playlist : « Beatin’ around the
Bush », « Old world traits », « Mad heads collide »
THE
SPECTACLE « Rope or guillotine »
L’album de la semaine n’est pas américain, même si
le label s’appelle Crimethinc et a ses locaux à Atlanta en Géorgie,
territoire où la population noire est fort nombreuse et le Ku Klux Klan
toujours actif. Bref Crimethinc. N’est pas un label de musique comme les
autres. C’est avant tout une structure militante, anarchiste, publiant
livres et revues. Et quand elle sort des disques, on est sûr d’avoir
à faire à des groupes pour qui le message est aussi important
que la musique. Je ne citerai que trois : Catharsis, Zegota et Requiem. C’est
d’ailleurs lors de la venue de ces derniers à Nantes fin août
que j’ai découvert les Norvégiens de The spectacle, un sextet
nanti de trois guitaristes. Musicalement, The spectacle fait penser à
Catharsis : les morceaux sont longs, variés, les paroles sont politiques,
assez introspectives et pessimistes mais très loin des gimmicks habituels.
The Spectacle sont toutefois plus emo et moins metal que les grands Catharsis.
L’album s’appelle « Rope or guillotine » et mérite
vraiment une écoute attentive. Playlist : «
Sleepwalking », « Mourning », « The cave ».
TIME
TO BURN « Starting point »
L’album de la semaine est celui des Parisiens d’adoption
de Time to Burn, issus des cendres d’un groupe clermontois appelé
Waxx. Après un EP 6 titres sorti en 2003 et « Burn the lie down
», un excellent mini-album déjà chroniqué sur ces
ondes, les Time to burn ont remis le couvert avec « Starting point »
grâce à Basement apes Industries, label auteur déjà
des productions des impressionnants Superstatic revolution, qui leur offre là
un son puissant et subtil à la fois : puissant parce que le son reproduit
bien l’atmosphère aussi prenante que pesante des six titres composant
l’album, mais subtil aussi parce que les rythmiques lourdes à souhait
n’annihilent pas le sens mélodique du groupe que l’on retrouve
dans le jeu des guitares, un peu à la façon d’un Orchid
ou d’un Tragedy, même si Time to burn ne fait ni dans l’emo-violence,
ni dans le screamin’ hardcore. J’avais trouvé très
bon « Burn the lie down » ; « Starting point » est excellent.
Playlist
: « Lost in poetic words », « Starting point », «
Burn the lie down »
GUERILLA
« A call to arms »
L’album de la semaine est allemand, s’appelle « A call to
arms » et est sorti grâce aux bons soins de Twisted Chords qui affirme
clairement qu’il propose plus que de la musique. Mais qu’attendre
d’un label ayant sorti les excellents anarcho-rebelles-situ norvégiens
de Rifu ? Bref, Twisted Chords viennent de taper fort en lâchant Guerilla
sur le marché. Because Guerilla a tout pour réussir : d’abord,
le son est puissant et leur batteur est frappadingue ; ensuite, le groupe pratique
un hardcore-punk enlevé et survolté, doté d’un sens
certain de la mélodie qui arrache, et qui emprunte parfois au street-punk
pour les refrains qui pulsent et au New-York Hardcore ; enfin, Guerilla chante
en anglais, ce qui est malheureusement le passeport pour franchir les frontières.
Bref, Guerilla est à rapprocher de groupes comme leurs compères
de Rasta Knask et les Ricains de Strike anywhere. Playlist
: « Urban Guerilla Action Crew », « Choose your side »,
« Fight the power ».
KYLESA
« To walk a middle course »
L’album de la semaine nous vient de Géorgie, pas la ville, mais
l’Etat américain. C’est de la riante bourgade de Savannah
que nous viennent Kylesa. A l’origine, il y avait Damad, groupe auteur
d’un très bon album de post-hardcore lourd en 1998. Puis, à
la mort du bassiste, Damad prit le nom de Kylesa. Nous étions en 2001.
Du groupe initial, il ne reste que le duo de guitaristes-chanteurs Philip Cope
et Laura Peasants, épaulé pour leur nouvel opus par une nouvelle
section rythmique : Brandon Baltzley et Corey Barhorst. Le label californien
Prosthetic Rds leur a permis d’éditer cette année leur deuxième
album : « To walk a middle course », avec derrière les manettes
l’incontournable Alex Newport, ex-Fudge Tunnel et Nailbomb. Kylesa poursuit
le chemin là où Damad l’avait laissé : bref, c’est
du lourd, du post-hardcore parfois crusty, mais plus souvent stoner avec des
rythmiques plombés et lourdes. Playlist : «
Train of thought », « Bottom line », « Welcome mat to
an abandoned life »
NAPALM
DEATH « The Code is red... »
L’album de la semaine est anglais et c’est une bombe. Il s’agit
bien sûr du nouvel opus des légendaires Napalm Death. Depuis 18
ans, avec leurs compères de Extreme Noise terror, les Napalm death maltraitent
les conduits auditifs des hardcoreux et metalleux qui se risquent à les
écouter. Pendant longtemps, leur grindcore très métallique
m’a laissé froid. Mais depuis l’an 2000 et leur album «
Enemy of the music business », ils ont mis de l’huile sur le rouleau-compresseur.
Bref, dans ce nouvel opus, les Naplam death accentue le côté thrash-hardcore,
ça va très vite, les morceaux très bien construits ne dépassent
parfois pas les deux minutes et la voix puissante et revendicative du chanteur
ressemble à autre chose qu’à un aboiement atone. Ce nouvel
opus « The code is red… long live the code » s’avère
redoutable d’efficacité. Seul petit bémol : comment arrivent-ils
à conjuguer le fait de s’en prendre au business musical en sortant
leurs skeuds sur une major, en l’occurrence Century Media ? Là,
j’avoue, je suis un brin circonspect. Playlist :
« Diplomate immunity », « The great and the good »,
« Pay for the privilege of breathing », « Pledge yourself
to you ».
DISPREZZO
« Nel moi mondo il sole non sorge mai »
L’album de la semaine date de plusieurs mois, mais bon, j’ai eu
du mal à mettre la main dessus, puis à m’en décoller
l’oreille. Le groupe s’appelle Disprezzo et est basé à
Firenze. Ce quatuor fait dans le crust-hardcore puissant et rentre-dedans à
la sauce scandinave, scène qu’il révère tout particulièrement.
Bref, Disprezzo ne fait pas dans la poésie : ça débourre,
c’est carré, la voix est grasse, le propos, politique, ne respire
pas l’optimisme. Bref, c’est de l’efficace et du sans fioriture
! Voilà de quoi réjouir les fans de Victims, Misery, Wolfbrigade,
Ekkaia, Tragedy etc etc. Playlist : « London »,
« X », « Morire ogni giorno ».